28 janvier 2012

L'arbre


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Dans un grand format à la présentation soignée, cette histoire sans texte présente un petit groupe d'hommes débarquant de leur montgolfière au pied d'un arbre majestueux. Munis de grands chapeaux et grands ciseaux, ils dépouillent le feuillage de l'arbre pour s'en construire un château. Surgit alors un dragon géant qui, d'un seul souffle, rhabille l'arbre nu de ces feuilles vertes. Les individus terrorisés sont paralysés par la peur, mais le dragon aux expressions si fines saura réconcilier l'Homme et la Nature…


C'est un véritable hymne au respect de notre environnement auquel Sandrine Thommen nous invite avec finesse et simplicité. Une très belle surprise d'une illustratrice assurément à suivre...

Claire B.


Sandrine Thommen, L'arbre, Autrement, 2012. Prix éditeur 14,50 €


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25 janvier 2012

La vie expliquée à mon père

iegor gran,emma siniavski,vie,père,imagier,dessins d'enfan"Ça commence par une étincelle. La naissance. On choisit son camp. On sera une femme. On sera un homme."

 

Traverser toute une vie, en images. Plein d'images. Ce projet un peu fou, cette parade de pictogrammes, cet "imagénial", c'est aussi et d'abord la multitude de questions d'une enfant de onze ans. La jeune illustratrice (également aperçue au ciném aux côtés de Fabrice Luchini et Karine Viard dans Les invités de mon pèredonne vie à ses questions et à ses réponses. La vie, l'amour, la mort, la naissance, le mariage, le rock’n’roll, le quotidien, les passions, les regrets, le travail, la culture, les rêves, Karl Marx…

 

Le trait est fin, léger, précis, expressif, pas si enfantin.

 

Iegor Gran est un écrivain français d'origine russe. À quatre mains croisées, il tisse avec sa fille Emma, (13 ans aujourd'hui) une fresque déconcertante. Emma a toujours dessiné. C'est l'un de ses moyens favoris pour communiquer avec ses parents. Durant deux étés, le père et la fille ont échangé autour de ces dessins à la fois naïfs et tellement vrais, tellement proches de nous, de nos petites vies fragiles. Classant et légendant ces œuvres minimalistes tel un glossaire généalogique. Igor et Emma nous racontent la vie, notre vie. Mais la vie pas triste. Ça change. La vie expliquée à mon père, ça ne se lit pas, ça se déguste comme une grande boite de chocolats. On en prend un, un autre et puis un autre, allez encore un. Le dernier c'est juré. Demain j'arrête. Une gourmandise, un livre hors norme, drôle et émouvant à partager en famille, à offrir à son papa, ou à sa petite princesse.


Iegor Gran, Emma Siniavski, La vie expliquée à mon père, Naïve, 2012. Prix éditeur 13,00 €


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20 janvier 2012

Belle année 2012 !

voeux, revenpages

Découvrez la carte de voeux de Rêv'en pages

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Le marché de Sidibel

Hubert Ben Kemoun, Bruno Heitz,albin michel jeunesse,marché,algérie,magreb,prévert,queneau,inventaire de la mer illustréMais je vous connais vous ! On ne se serait pas croisés au marché de Sidibel ? Moi, j'y passerais des journées entières. Même si je n'ai rien à y acheter. Il faut dire qu'on y trouve à peu près tout, y compris ce qu'on n'est pas venu chercher. Tout ce dont un rêveur peut rêver. Des bobinettes à ratatiner les pastèques, des abrimousses et des mangarons, des fruits et légumes délicalicieux, des papillonneurs de nœuds... Et puis surtout, juste après le stand du lunetier, qui vend des jumelles pour regarder sourire la lune, il y a la jolie Salima, celle qui donne leur parfum à ses roses.


Entre Queneau et Prévert, Hubert Ben Kemoun, nous emmène en balade sur ce fabuleux marché qui embaume notre esprit avec les fragrances épicées du sud méditerranéen. Mais au delà des mots, complètement loufoques, et des odeurs caractéristiques, ce sont d'abord les couleurs de cet album qui viennent stimuler nos sens. La composition graphique de la couverture, recto et verso est déjà en soi une invitation à entrer et voyager dans cet ouvrage original, qui est une des belles surprises de cette rentrée. Conçu comme un inventaire, l'album est construit en doubles pages, qui possèdent chacune leur dominante chromatique. En page de gauche, le texte s'offre mille et une libertés. Dans la construction, comme dans le choix des mots, pour la plupart inventés, mais aussi dans les variations typographiques qui enluminent et animent le texte. Texte que l'on retrouve par bribes dans les magnifiques illustrations sur bois découpé de Bruno Heitz, en page de droite.


Ce livre arrive donc à point nommé avec les premières gelées de janvier, pour nous réchauffer le cœur et les sens, et nous donner un comme un avant-goût de vacances.


Hubert Ben Kemoun est né en Algérie en 1958. Créateur de feuilletons pour France Inter, il est aussi l’auteur de nombreuses publications pour la jeunesse, albums et romans mais aussi spectacles.

Bruno Heitz est né en 1957. Auteur et illustrateur français aux multiples facettes, il aime notamment jouer avec les matériaux bruts, papiers, bois, etc. Passé par la BD, où il met aussi bien en scène des instituteurs que le désormais célèbre Hubert, épicier-détective, il est également l’auteur d’une remarquable version du Roman de Renart.


Cyril M.


Hubert Ben Kemoun, Bruno Heitz, Le marché de Sidibel, Albin Michel Jeunesse, 2012. Prix éditeur 13,90 €


Hubert Ben Kemoun, Bruno Heitz,albin michel jeunesse,marché,algérie,magreb,prévert,queneau,inventaire de la mer illustréHubert Ben Kemoun, Bruno Heitz,albin michel jeunesse,marché,algérie,magreb,prévert,queneau,inventaire de la mer illustréHubert Ben Kemoun, Bruno Heitz,albin michel jeunesse,marché,algérie,magreb,prévert,queneau,inventaire de la mer illustréHubert Ben Kemoun, Bruno Heitz,albin michel jeunesse,marché,algérie,magreb,prévert,queneau,inventaire de la mer illustré


18 janvier 2012

Anka

Guillaume Guéraud,rouergue,ado,adolescent,roman noir,Aujourd’hui, maman est morte.

Un roman noir, ça commence rarement bien. Celui-ci n'échappe pas à la règle. Marco est aux prises avec le théorème de Thalès, lorsque la police vient lui apprendre le décès de sa mère. Les minutes passent, pesantes. Mais une morte, ça peut en cacher une autre. Finalement, la mère rentre à son domicile, bien vivante. Mais alors, qui est cette femme sur ce certificat de décès ? À partir de cet instant, tout bascule. Marco n'aura de cesse de poursuivre ce fantôme, au détriment de sa vie sociale et familiale et de sa scolarité.

Anka est un vrai roman noir. Une pierre brute taillée dans l'adolescence. Brute, comme l'écriture rythmée de Guillaume Guéraud qui réussit là entre autres performances, celle de nous transposer dans la peau et dans les mots de Marco. On y croit. Les mots sont justes et ne nous épargnent rien. Incisifs comme une paire de claques. Le mal-être, l'amitié, les non-dits le sordide d'une vie sans perspective, tout est palpable. L'adolescent trouve dans ce secret de famille comme un but à son existence et nous entraîne dans une fuite en avant vertigineuse. Deux vies parallèles, deux destins que tout semble séparer et qui finalement s'entrecroisent.

Un roman noir, ça finit mal ?

À partir de 14 ans.

Cyril M.


Guillaume GuéraudAnkaRouergue, Coll. Doado Noir, 2012. Prix éditeur 9,50 €

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16 janvier 2012

L'école est finie

Yves Grevet,Syros,école,anticipation"Où vont tous ces enfants, dont pas un seul ne rit ?" Victor Hugo, "Melancholia", in Les contemplations.

La littérature jeunesse aussi a ses indignés. Avec L'école est finie, Yves Grevet, auteur de la série Méto, ou plus récemment du génial Seuls dans la ville, nous entraîne cette fois-ci dans un petit roman d'anticipation situé en 2028.

Il y est bien sûr question d'école, un sujet forcément cher à l'auteur lequel est d'abord instituteur en classe de CM2. Mais l'école qu'il nous décrit dans ce livre n'a plus grand chose à voir avec celle que l'on souhaite à nos enfants ou à nos petits enfants. Cette école-là, est en effet bien loin de celle qui s'est évertuée des années durant, à faire de nous des femmes et des hommes de bonne volonté.

Finie l'école publique donc, et vive l'école subventionnée par de grandes enseignes qui élaborent chacune leur programme, pour faire de nos charmantes têtes blondes, brunes ou rousses, d'excellents travailleurs, rompus aux "process" de la productivité. Travaux pratiques à tous les rayons ! On y apprend à compter des vis et des boulons, à lire et rédiger des promotions racoleuses et, mens sana in corpore sano, on n'oublie pas de travailler l'endurance physique de ces écoliers modélisés, à grand renfort de sacs de ciment.

Mais derrière la métaphore se cache à grand peine l'inquiétude de l'enseignant qui voit notre système éducatif s'émietter là où le bon sens commanderait pourtant aux politiques d'y forger le fer de lance d'une société qui puiserait là, des raisons de croire en un monde meilleur. Oui mais voilà, moins de maîtres pour modèles, moins de livres pour rêver, voyager ou penser, moins d'Histoire pour comprendre le monde… Vous avez dit fiction ? 

Avec ce petit roman de 43 pages, Yves Grevet tire la sirène d'alarme. Même s'il croit encore en une possible résistance organisée, comme le suggère le personnage de Lila qui défie les autorités pour rejoindre le maquis, une école buissonnière et clandestine. Une école où l'on s'indigne.

Un gros coup de cœur pour un tout petit livre, à un tout petit prix, à lire, offrir, distribuer, diffuser largement aux enfants, aux ados, aux adultes et à toutes celles et ceux qui portent cocarde.

 Cyril M.

Yves GrevetL'école est finie, Mini Syros, 2011. Prix éditeur 3,00 €

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15 janvier 2012

La nuit de Petit Ours

Quint Bucholtz, Milan, tout-petits,oursIl est des livres tendres comme des chamallows. Doux comme un ours en peluche. La nuit de petit ours est de ceux-là. Doux et tendre à la fois. Un ouvrage qui fait aussi la part belle aux illustrations et qui nous emmène dans les pas d'un petit garçon à travers les yeux de son ours en peluche qui tourne les pages d'une journée bien remplie, avant de trouver le sommeil. À lire à partir de 4 ans, avant le passage du marchand de sable et d'un certain… Nounours.

Quint Bucholtz, La nuit de petit ours, Milan, 2011. Prix éditeur 11,50 €

   

 

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13 janvier 2012

Elle est passée par ici...

carole chaix, dédicaceUn grand merci à Carole Chaix, la maman de Paradiso, pour sa gentille apparition en guest star sur l'écran blanc de Rêv'en pages.

Un grand talent dans une jolie personne qui a déposé quelques paillettes dans votre librairie sorcière bien aimée et votre BFM préférée.

Carole, si tu nous entends, tu reviens quand tu veux.

En 2013 ?

 

 

 

 

carole chaix, dédicacecarole chaix, dédicace

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09 janvier 2012

Le monstre des toilettes

Saralisa Pegorier,L'atelier du poisson soluble,pot,toilettes,monstre,humour,album

Vous aussi vous ne partez pas aux toilettes sans vos goûters ? Vous avez toujours dans la poche une poignée de cacahuètes ? Éventuellement un ou deux playmobils dûment équipés ?

Ne cherchez pas. Vous êtes atteints du syndrome du monstre des toilettes. Mais attention tout de même, un plombier, c'est comme un ophtalmologiste, il faut prendre rendez-vous longtemps à l'avance. Le monstre des toilettes est un petit chef d'œuvre d'humour et de graphisme. Un style "art nouveau" pour le moins inattendu, mais qui participe de la dramaturgie de cet ouvrage où il est bien sûr question d'un monstre aussi mystérieux qu'effrayant. Entre M. Le Maudit et Adèle Blansec, le monstre des toilettes hante les journées du jeune narrateur de cet ouvrage complétement décalé. Notre petit héros s'essaye à tous les stratagèmes pour déjouer les pièges tendus par ce fameux monstre qui le poursuit même à l'école. Avec beaucoup d'humour, Saralisa Pegorier aborde ici le passage initiatique du pot aux toilettes.

Naïf, drôle, inventif, intelligent et particulièrement réussi d'un point de vue graphique, ce livre est l’une des belles surprises de l'année 2011.

Saralisa Pegorier, illustratrice venue du spectacle vivant, réalise là un premier album atypique, particulièrement réussi. 

Fondée en 1988 par Olivier Belhomme et Stéphane Queyriaux, l'Atelier du Poisson Soluble est une maison d'édition inclassable qui recèle mille et un trésors de la littérature jeunesse.


Cyril M.


Saralisa Pegorier, Le monstre des toilettes, Atelier du Poisson Soluble, 2011. Prix éditeur 14,00 €


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08 janvier 2012

Carole Chaix : J-2

 

Carole Chaix,dédicace,exposition,Rêv'en pages,BFM limogesSi vous trouvez ce début d'année un peu morose, ou si vous avez du mal à retrouver un cœur léger après les fêtes, c'est sans doute que vous n'avez pas encore fait la connaissance de Maurice et Mona.

Alors, laissez-vous conter la mélodie du bonheur, autour de l'exposition Lux Paradiso, à la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges, et ce jusqu'au 29 janvier 2012.

Et surtout, n'oubliez pas que la talentueuse et non moins sympathique Carole Chaix nous fait l'honneur d'une petite visite les mardi 10 (à Rêv'en pages) et mercredi 11 janvier (à la BFM de Limoges) pour deux séances de dédicace de 17h00 à 19h00.

Un petit aperçu des petits grands bonheurs que vous réservent cette magnifique exposition autour de l'album Paradiso.

Vous serez forcément conquis par l'univers de cette artiste hors du commun et vous y apprendrez surtout comment, de la rencontre d'un auteur et d'une illustratrice, va naître un embryon d'album, puis un projet, et finalement un livre comme on n'en croise pas si souvent. Car Paradiso, c'est bien sûr et avant tout un livre, véritable hymne à l'amour et la poésie en plus d'un hommage au 7ème art qui rend cette exposition, conçue autour de la matière brute de l'album, d'autant plus vivante, d'autant plus vibrante.

 

Ci-après un aperçu de l'exposition à la BFM de Limoges...

 

Franck Prévot, Carole Chaix, Paradiso, Editions L'Edune, 2010. Prix éditeur 15,00 €

 

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