18 mai 2012

La QLS 2012, c'est parti !

QLS 2012La QLS, qu'est ce que c'est ?

51 librairies "sorcières", c'est à dire membre de l'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse, sélectionne un album, un auteur, un éditeur. Aucun auteur et aucun éditeur ne peuvent être présents deux fois dans la sélection. Chaque librairie propose alors pendant deux semaines l'ensemble de la sélection des libraires, témoin de la richesse du fond jeunesse des librairies indépendantes et de la bibliodiversité de l'édition française.

 

Jouez et gagnez les carnets "collector" !


À cette occasion, les sorcières publient un carnet collector de 51 cartes postales illustrant les 51 albums de la sélection.

Pour gagner un carnet par jour avec Rêv'en pages, par tirage au sort et sans obligation d'achat, c'est ici.

 

Pour en savoir plus sur l'opération, c'est .

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17 mai 2012

Un garçon sachant siffler

didier jeunesse,usa,persévérance,apprentissageDepuis que le monde est monde, enfin je crois, vu qu’avant je n’étais pas là. Depuis que le monde, semble-t-il, tous les gamins sont persuadés qu’on devient enfin un homme, dès lors qu'on a appris à siffler.

« Ah ! Si seulement Peter savait siffler ! »

Mais Peter fait comme tant d’autres mômes avant lui, ici et ailleurs, il s’évertue à esquisser un semblant de son, mais rien ne sort. Ce serait drôle pourtant de savoir siffler. Alors le facétieux Peter essaie différents stratagèmes. Rien n’y fait. Et puis, un jour, il ne sait comment, on ne sait jamais comment ni quand d'ailleurs, il siffle. Alors, comme Un garçon sachant siffler, comme un homme, il sifflera sa vie durant, comme pour lui dire qu’elle est belle.

 

Avec cet album aux couleurs vives qui sont comme un rayon de soleil à chaque page, Ezra Jack Keats, nous offre un album rare, comme une collection de petits riens qui font le quotidien d’un enfant qui s’enchante de tout. Cet ouvrage au graphisme moderne dont la sortie date pourtant de… 1964, est à la fois un plaisir pour les yeux mais aussi une bien jolie manière d’enseigner aux enfants la patience et la persévérance.

 

Un album paru dans la collection Cligne Cligne, collection de livres rares ou inédits en français, réédités grâce à la collaboration entre Cligne Cligne et les éditions Didier Jeunesse.


Cyril M.

 

Dix ans après avoir entamé par hasard une prolifique carrière d’illustrateur pour la jeunesse, Ezra Jack Keats (1916-1983) publie en 1964 Un garçon sachant siffler, son deuxième album en tant qu’auteur.

Après Jour de neige, paru deux ans plus tôt, cet album confirme l’évolution de son style, alliant son aisance dans l’imagerie et le graphisme enfantins à ses recherches de peintre en atelier.

Il passe ainsi d’une carrière d’illustrateur de talent, mais dans les canons de son époque, à celle d’auteur moderne et audacieux, précurseur dans la représentation des minorités, dont l’œuvre va défier les années. (Source Didier Jeunesse)


Ezra Jack Keats, Un garçon sachant siffler, Didier Jeunesse, 2012. Prix éditeur 12,10 €



15 mai 2012

Brigitte la brebis qui n'avait peur de rien

Sylvain Victor, Editions Thierry Magnier,mouton,brebis,loup,humourBrigitte. On dirait que ça revient à la mode comme prénom. De là à le donner à une brebis, il n’y avait qu’un bêêêêêêê… comme Brigitte, que Sylvain Victor a franchi. Au début, ça 
stresse un peu comme livre. On sent qu’il y a de la tension dans le pré. Ça 
fiche limite la trouille. Là, je vous entends d’ici : « Il s’est 
trompé de blog, c’est un livre pour enfant ou c’est du Stephen King ? Mais
revenons-en à nos brebis. Car il s’agit bien d’un album jeunesse, tout de rose 
vêtu. Mais c’est quand même tendu comme histoire de blancs moutons. L’ombre du loup
 plane (en plus c’est moutonnement bien fait !). Sauf qu’une brebis, ça ne 
réfléchit pas toujours plus loin que le bout de sa laine, et en plus ça a peur
 de son ombre. Alors l’ombre du loup… Heureusement, il y a Brigitte, histoire de 
faire remonter le Q.I. du troupeau. Quoique, à y regarder d’un peu plus près,
 on se demande si finalement, Brigitte, grande amatrice de framboises, ce n’est 
pas plutôt avec sa panse, qu’elle pense. "Mais qui sait d’où vient le danger ?" Car tout au long de cet album, 
tel l’ami Pierrot, on ne cesse de crier au loup.
 Brigitte, elle, demeure impassible. De loup, point du tout. Elle n’a pas vu la 
queue d’un. Jusqu’à ce que… Et bien non, vous n’aurez pas la suite. C’est trop
 horrible ! Et surtout, beaucoup trop drôle.


Un livre avec tout plein de degrés et de moutons à l'intérieur, qui fera rire aux éclat, petits et grands. Un album décalé à souhait, où l’on retrouve également Michel le mouton qui n’avait pas de chance. On en redemande.


Cyril M.


Sylvain Victor est né près de Paris en 1964. En 1989 Le magazine À suivre est le premier à publier ses bandes dessinées ; il y travaillera régulièrement jusqu’en 1995. Pendant les deux années suivantes, Sylvain Victor participe à différentes expositions et collabore à la revue sérigraphiée Drozophile, avant que paraissent ses premiers albums, Les deux camions et Six récits, aux Éditions Paquet et Le doute aux éditions Amok (fremok). Depuis 2003, il se consacre principalement aux livres pour la jeunesse. (Source Éditions Thierry Magnier)

 

Sylvain Victor, Brigitte la brebis qui n’avait peur de rien, Editions Thierry Magnier, 2012. Prix éditeur 12,50 €

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14 mai 2012

Ferdinand et Joséphine

Petr Horacek,phaidon,amour,amitié,ver,C’est fou ce que l’on peut faire avec une boîte de couleurs et… beaucoup de génie. On peut même écrire des histoires d’amour qui commencent mal et qui finissent bien, en général. Ferdinand à gauche, Joséphine à droite. Aie ! Ça vous rappelle quelque chose. On vous avait bien dit que ça commençait mal. Mais tous les chemins menant à un trognon de poire, Joséphine et Ferdinand vont finirent par se rencontrer. Bon, au début c’est quand même pas la grande passion. On a beau partager une bonne poire, ça n’empêche pas de se faire la trogne. Mais, comme l’amour est souvent un accident, les voilà comment dire... enlacés ! Au sens propre. Alors bien obligés, ils vont devoir tout partager. Et oui, l’amour aussi parfois, ça s’apprend. Une concession par ci, un compromis par là, la vie quoi. Parfois il y a des coups de bec. Mais, même ça, ça rapproche. Et comme de bien entendu, Joséphine et Ferdinand vécurent heureux, etc.

 

Sous les mines et les pinceaux bigarrés de Petr Horacek, Ferdinand et Joséphine, est un album savoureux qui n’est pas sans nous rappeler une certaine chenille qui fait des trous, chère à Eric Carle.

 

Cyril M.


Petr Horácek est un illustrateur tchèque né Prague en1967. Il est l’auteur de nombreux livres pour enfants maintes fois récompensés, dont Susie la petite oie qui en a assez d’être une oie et Une pomme dans un trou de souris. Mêlant illustrations et collages à un récit irrésistible, les ouvrages de Petr Horacek se sont fait une place de choix dans les bibliothèques des enfants du monde entier. (Source Phaidon)


Petr Horácek, Ferdinand et Joséphine, Phaidon, 2012. Prix éditeur 9,95 €

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13 mai 2012

Le Crafougna

stéphane servant,anne montel,didier jeunesse,ennui,déprimeOù l’on retrouve Stéphane Servant dans une histoire… crafougnesque. Ça se passe un dimanche soir. On a presque envie de dire, évidemment. Il entre sans bruit dans une maison. Il ? Ben, le Crafougna bien sûr. Bien que un peu grincheux, il n’a pourtant pas l’air bien méchant ce « Crafougna », qui doit sa trogne de maximonstre et son pelage hirsute aux pinceaux de Anne Montel. Sauf que, à peine débarqué, il va carrément s’installer, insidieusement. Et puis, dès le lundi, catastrophe ! Toute la famille se métamorcrafougne. L’atmosphère, pesante, devient grise comme un Crafougna. La joie et la bonne humeur se sont envolées avec les couleurs de la vie. Mais c’est sans compter sur la volonté du jeune narrateur qui prend alors les choses en main et va communiquer sa joie de vivre à toute la famille. Allez ouste, et crafougni et crafougna, chassons en quelques pages tous les vilains Crafougnas.

 

Le Crafougna est un livre plein d’humour pour aborder sans qu'il y paraisse, la question de l’ennui, de la déprime, et du repli sur soi. Une thématique pas si fréquente dans les albums jeunesse, qui sèmera des couleurs dans toute la famille. C’est chez Didier Jeunesse, joliment dit par Stéphane Servant, crafougnié par Anne Montel, et en vente dès hier dans votre librairie sorcière préférée.

 

Cyril M.

 

Stéphane Servant est né dans le sud de la France, à Carcassonne. Tout petit déjà, il a habité sous un livre et il en a gardé un souvenir merveilleux, surtout les soirs de pluie. 
Depuis, Stéphane Servant fabrique des histoires en forme de maisons, de cabanes, de phares, de terrains de jeux, de rue, de ville et de monde... pour que tous les enfants puissent y trouver une place, grandir ensemble et tenter de nouvelles aventures. (Source Didier Jeunesse)

 

Anne Montel est une graphiste et illustratrice free-lance issue des bancs de l'école Duperré puis de la FCIL illustration de Corvisart. Anne s’est essayée à la carrière de « Poulidor » des concours BD : 2e lauréate du concours Jeunes Talents d’Angoulême en 2009, 2e lauréate du concours Dessinateurs de demain de Lausanne en 2010. Touche-à-tout de la littérature jeunesse (illustratrice de roman, presse jeunesse, recettes de cuisine illustrées, étiquettes de vin, affiches de festival…), Anne signe avec Jours de pluie sa première bande-dessinée. Le Grafougna est son premier album pour enfants. (Source Didier Jeunesse)


Stéphane Servant, Anne MontelLe Crafougna, Didier Jeunesse, 2012. Prix éditeur 12,90 €


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10 mai 2012

La force du berger

Azouz Begag, la joie de lire, souvenirs, immigration, culture, écoleQuand il était jeune, en Afrique, mon père habitait avec ma mère dans un village, quelques maisons rudimentaires serrées les unes contre les autres. Peu nombreux, les villageois étaient même tous cousins, parce que les familles étaient liées par leur histoire. Et quand quelqu’un était malade, les autres le soignaient, et quand quelqu’un mourrait, les vivants l’accompagnaient dans sa dernière demeure, et quand quelqu’un se mariait, tout le monde était invité, et quand un enfant naissait il était l’enfant de tout le village. Et quand quelqu’un devenait vieux, il restait vivre avec les enfants et les adultes, dans leur chaleur. Et quand quelqu’un devenait fou, il était consacré fou du village.

 

Ancien ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances, Azouz Begag signe en 1991 son deuxième ouvrage pour la jeunesse. Réédité par l’éditeur suisse La joie de lire, voilà un ouvrage qui tombe à point nommé pour se rappeler au bon souvenir de cette France chérie, terre d’asile et d’intégration. Dans la première des deux nouvelles de ce recueil, Azouz Begag se rappelle non sans humour et beaucoup d’émotion de ce maître d’école qui l’entraîne alors à la découverte du monde et l’invite à aiguiser son esprit critique. En rentrant de l’école, le jeune Azouz n’a qu’une hâte, faire partager ses nouvelles connaissances à son père. Mais la théorie de l’attraction universelle se heurte aux convictions terriennes et religieuses du vieux berger qui refuse d’avaler les « couleuvres » que l’enseignant a logées dans la tête de son fils. S’en suit une joute particulièrement drôle entre deux générations que cette quête du savoir rapproche et sépare dans le même temps. Un très beau texte qui nous plonge dans l’intimité d’une famille d’immigrés avec en filigrane une vraie réflexion sur l’école et l’intérêt d’apprendre.

Dans le second texte, Le temps des villages, c’est à la question des enfants de la « deuxième génération », écartelés entre deux cultures que l’auteur nous invite à réfléchir, et par extension, à une réflexion plus générale sur notre propre écartèlement et notre rupture avec nos propres racines. Un texte court, frais et sain pour se laver les oreilles parfois soumises à rude épreuve pendant une campagne électorale.

 

Cyril M.

 

Né à Lyon en 1957, Azouz Begag est issu de l’immigration algérienne. Ses parents ont traversé la mer en 1949. Il est chercheur en économie et sociologie au CNRS, homme politique et écrivain célèbre. Il est notamment l’auteur de Le Gone de Chaâba, paru aux Editions du Seuil et vendu à 100 000 exemplaires ! (Source La Joie de Lire)

 

Azouz Begag, La force du berger, La joie de Lire, 1991. Prix éditeur 5,90 €

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08 mai 2012

Dragons de poussière

thierry dedieu,hong Fei,dragons,chine,création,art,artiste,calligraphieEncore un Dedieu. Mais décidément, on ne s’en lasse pas. Renouant ici avec l’univers de l’inoubliable Maître des estampes, il nous propose avec ses Dragons de poussière un nouveau conte philosophique sur l’art.

 

Une légende chinoise veut que, parfois, un peintre voie apparaître dans sa calligraphie une tête de dragon. Alors il sait qu’il est un artiste accompli.

 

Li Yong Pei a beau faire, rien ne se passe. Las, il renonce à son art pour s’adonner à de plus basses besognes qui n’ont a priori plus rien à voir avec la peinture. À moins que…

Ce livre nous interroge une nouvelle fois sur la relation de l’artiste à son art. En effet près nous avoir questionné sur la relation au temps, Dedieu nous entraîne sur le terrain de la place de l’artiste dans la société, ou encore celle qu’il peut choisir de se donner. Un vrai sujet de dissertation, accessible aux plus jeunes mais qui intéressera toutes celles et ceux que la question de l’art passionne.

 

Cyril M.


Thierry Dedieu est né à Narbonne. Après des études scientifiques et des activités dans la publicité, il se tourne à partir de 1994, vers la littérature illustrée. Photographe, peintre et scupteur, il multiplie les œuvres aux registres estéthiques contrastés, offertes aux lecteurs de tout âge qui les abordent en toute liberté. Parfois insolites, toujours prodigieux, ses récits et images que l'on découvre dans les rayons jeunesse des librairies ne cessent d'émerveiller le public par leur créativité et unicité. (Source Hong Fei Cultures)

 

Thierry Dedieu, Dragons de poussière, Hong Fei, 2012. Prix éditeur 14,00 €

Elle est passée par ici...

photo 17-28-44.JPGClaire Gaudriot était à Rêv'en pages ce samedi, avec son grand sourire en guise de soleil, et sa trousse aux mille couleurs pour chasser les nuages qui salissaient le ciel.

Un grand merci à Claire et à sa petite famille de catcheurs  qui n'ont pas fini de faire parler d'eux. Un grand merci et une bise appuyée à notre illustratrice régionale.


Et pour continuer à suivre l'actualité de Claire Gaudriot c'est ici.

  

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03 mai 2012

La mémoire de l'éléphant

Sophie Strady, Jean-François Martin, Helium, Mémoire,éléphant,encyclopédie,Un éléphant gaucher ? Voilà qui avait de quoi inspirer quelqu'un qui rédige toutes ses chroniques du clavier gauche.


Mais avant cela, il y a eu, comme souvent, un coup de foudre avec l’objet. Car le livre a ceci de singulier que sa version numérique ne lui volera sans doute jamais : l’esthétique. Cette esthétique du livre, si particulière, et qui conjugue les sens. C’est ce rapport presque charnel avec le livre qui fait souvent qu’on ouvre celui-ci plutôt que celui-là. Et avec Helium, il faut bien avouer que ça marche presque à tous les coups. Oups… comme à l’accoutumée, voilà que je me perds dans ma chronique. Mais bon, c’est pour la bonne cause.

 

Revenons-en à nos pachydermes. Coup de foudre donc, avec cette couverture très grand format, et puis aussi avec ce sous-titre qui en dit à la fois long et pas assez : Une encyclopédie bric-à-brac. Mais ouvrons vite ! Beau papier ivoire, illustrations sérigraphiques qui semblent hésiter entre Andy Warhol et Roy Lichtenstein, voici Marcel, notre héros, un très vieil éléphant. Nous sommes alors invités à le suivre, de la chambre à coucher à la salle de bain. Et puis la visite de la penderie devient le prétexte à une superbe page qui recense avec force détails, telle une encyclopédie exhaustive ou un vieil almanach, le contenu de cette véritable malle aux trésors. Car ce livre a notamment ceci d’original qu’il est construit sur plusieurs niveaux de lecture. Le premier niveau se résume à une narration qui nous emmène dans les larges pas de Marcel, ancien musicien pop et collectionneur de souvenirs. Le second niveau vous en apprendra sans doute beaucoup sur les éléphants. Quant au troisième niveau, il fait de ce livre trompeur un véritable O.L.N.I. (Objet Littéraire Non Identifié), qui cultive l’hypertexte à partir des détails de l’histoire et dont la plupart sont enfouis dans la mémoire d'éléphant de Marcel. Ainsi, de la revue de mode de la penderie, on passe à l’architecture ou aux instruments de musique pour finir par un catalogue d’exposition répertoriant le mobilier design dans lequel évolue notre ami Marcel, ainsi que chaque époque respective et chaque créateur.


Que dire encore, sinon s'extasier sur les planches de Jean-François Martin, légèrement floutées, presque surannées, magnifiées par le format, et qui contribuent à faire de cet ouvrage un album vraiment exceptionnel (c'est sûr je ne le rendrai pas !).


Bref, La mémoire de l'éléphant ne manquera pas de vous surprendre comme il surprendra tous ceux qui tourneront les pages de ce superbe album qui invite à la curiosité. Alors bien sûr, ce livre trouvera tout naturellement sa place dans une chambre d’éléphanteau, mais gageons que certains esthètes, en âge de lire des choses beaucoup trop sérieuses, auront aussi à cœur de lui trouver une place de choix dans un joli coin du salon.


Cyril M.


Sophie Strady est née à Paris en 1966. Elle est éditrice et a écrit le texte de La Forêt du paresseux (hélium).

Jean-François Martin, né en 1967, a débuté sa carrière en tant que graphiste chez Bayard avant de se tourner vers l’illustration jeunesse en 1993. Diplômé des Art appliqués, ce talentueux illustrateur travaille également pour la presse et la communication, illustrant des journaux tels que Le Monde, Libération, Time, le New York Times ou encore la revue jeunesse Dada.
Ses travaux sont régulièrement exposés dans les galeries parisiennes.


Sophie Strady, Jean-François Martin, La mémoire de l'éléphant, Helium, 2012. Prix éditeur 16,90 €

02 mai 2012

Le poisson rouge de Matisse

sandrine andrews,julia chausson,art-album,palette,helium,peinture,matisse,poissonChut… ! Nous entrons chez Matisse. Vous ne pouvez pas vous tromper, ici c’est comme dans les tableaux du Maître. Tout commence en bleu et rouge. Rouge comme le poisson qui s’adresse à nous pour cette visite guidée dans l’atelier du peintre. Alors, bien sûr, Bonnard (c’est le nom du poisson) ne manque pas de s’étonner du charmant défilé de jolies femmes déshabillées. Mais elles ne sont pas les seules à poser. Bonnard aussi est « croqué » par le maître, qui flirte alors parfois avec l’abstraction.

Avec ce livre beau comme un tableau de Matisse, Sandrine Andrews et Julia Chausson ne nous emmènent pas au musée. Rien de cela, car on entre ici chez l’artiste comme on pénétrerait une de ses toiles. Les illustrations qui sont un hommage réussi à l’univers graphique de Matisse ajoutent à l’ambiance toute particulière de cet album qui nous tire hors de notre réalité pour nous emporter dans une autre dimension temporelle. Voyageurs du présent dans les pas de ce magicien des couleurs, virtuose de la lumière et maître de ballet à ses heures, nous mettons le cap au sud, traversant d’un bond la méditerranée, vers Tanger la blanche. Là-bas il déverse sur ses toiles immaculées tout le bleu de la mer. Poussant plus loin encore sa quête de lumière, nous accompagnons Matisse en Polynésie, dans son île au trésor, là où la lumière a l’éclat d’un coffre de pierres précieuses. Puis nous entrons dans La danse, comme pour mieux comprendre le mouvement qui guide alors ses pinceaux. Une vie. Une vie d’artiste pour mieux lire et comprendre l’œuvre. Une vie dans le grand angle d’un poisson rouge, discret compagnon et spectateur privilégié, mais aussi parfois sujet central du tableau. Une vie en couleurs qui donne envie de partir à la rencontre d’un des plus grands artistes du XXe siècle, de Nice au Cateau-Cambrésis.

Cyril M.

Après des études supérieures à l’École du LouvreSandrine Andrews part vivre un an à New York où elle travaille pour la prestigieuse Sonnabend Gallery. À son retour, elle écrit ses premiers articles sur l’art contemporain (Cimaise, Art Actuel) et travaille pour plusieurs maisons d’édition et notamment Palette (La Maison des arts, 2009).

Diplômée de scénographie à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et formée à la gravure dans les ateliers de Françoise Roy et d’Alain Cazalis, Julia Chausson est illustratrice pour l’édition jeunesse et la presse. Elle a notamment publié aux éditions Mango, Albin Michel, Grandir et Rue du monde.

Sandrine Andrews, Julia Chausson, Le poisson rouge de Matisse, Coll. Art-Album, Palette, Helium, 2012. Prix éditeur 14,90 €

sandrine andrews,julia chausson,art-album,palette,helium,peinture,matisse,poissonsandrine andrews,julia chausson,art-album,palette,helium,peinture,matisse,poissonsandrine andrews,julia chausson,art-album,palette,helium,peinture,matisse,poissonsandrine andrews,julia chausson,art-album,palette,helium,peinture,matisse,poisson